Rayhana, c’est l’artiste féministe qui a été aspergée d’essence en plein 11ème arrondissement en janvier 2010. Un an après, elle est remontée sur scène, pour ne pas laisser la parole à ceux qui ont voulu la faire taire à coup de bidon d’essence. « Je ne vais pas laisser les barbus gagner. Ils ne me fermeront pas la bouche », clame l’artiste franco-algérienne qui se bat contre les idées prêtes à consommer des intégristes musulmans, qui trouvent dans la jeunesse issue de l’immigration et fortement discriminée, une oreille complaisante pour leurs discours de haine.
Dans « Le prix de la liberté » (éditions Flammarion), elle ne s’embarrasse pas de langue de bois. Elle balance à droite (logique) et à gauche (parce qu’elle le mérite). Elle dénonce certaines intellectuelles de gauche qui, au nom de la liberté, ne s’opposent pas au port de la burqa sur le sol français. « Elles ne l’auraient pas accepté pour une femme occidentale alors pourquoi pour la femme arabe ? Parce que nous on peut bien porter la burqa, c’est ça ? On est des sous-femmes ? ».
Le discours de Rayhana est brut, révolté, sincère, mais profondément humaniste. A l’époque des discours tièdes et des bonnes intentions, il est surtout rafraichissant.
